Ma bulle vagabonde

Dans ma bulle de métal rouge et blanche, je vagabonde. Mon combat silencieux face à la débâcle a commencé. Je perds chaque jour un peu de ma liberté… disons, terrestre. J’en gagne une autre par contre. Non pas que celle-ci soit spirituelle. Point de mysticisme ou de vertigo : je suis isolé sur la Côte Est certes, mais depuis 4 semaines seulement. On ne refait pas son monde en si peu de temps. Non, je me suis enfin affranchi des heures et des minutes. Et quel privilège ! Il n’est pas nécessaire de se caler sur le soleil. Lui aussi a perdu son sommeil. Mes journées ne sont pas plus longues mais elles durent plus longtemps. Mes cycles diurnes ont gagné 3 bonnes heures. Etre « vagabond » c’est peut-être aussi savoir enrayer le tic-tac de l’horloge. Ralentir pour manger, s’oublier dans la lecture ou le travail… et parfois s’empresser de ne rien faire. +0.8°C à la fin de mon douzième livre (Sébastien Barrault)