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Salades sur la banquise

Il pleut aujourd'hui et le brouillard n'encourage pas à faire de grandes sorties, mais les salades poussent doucement à bord de Vagabond ! Entre séance coiffeur et vidange du générateur, les essais de pêche restent toujours vains. La neige est de plus en plus molle, les flaques d'eau se multiplient sur la banquise, les balades sont souvent humides, mais Enora et Yann savourent leur expérience, ils ont même bricolé un petit traîneau à l'aide d'une caisse, d'un bidon et d'une paire de ski, pour mieux profiter des environs avec les chiens. Franche rigolade assurée !


Fonte

Pas d'ours depuis une semaine, météo superbe, Enora et Yann sont plus sereins pour arpenter les alentours. Leur technique s'améliore pour skier avec les chiens, comme pour fabriquer le pain, tandis que la banquise continue sa lente débâcle au large de la baie d'Inglefield.


Petite frayeur

Lors d'une de leurs sorties, Enora et Yann ont été surpris par un ours, dissimulé par le relief. Emotions fortes, mais les chiens étaient là pour dissuader le plantigrade de toute envie de s'approcher.


Enora et Yann, seuls à bord

Il était 7h30 hier matin lorsque j'ai salué mes remplaçants. C'est la deuxième fois depuis que Vagabond est au Spitsberg (août 2004) que je le quitte, ému, pour rentrer quelques semaines en France. La bonne vieille motoneige a surmonté les passages délicats pour me mener en moins de 3h à Svea. Quelques rennes m'observaient parfois lors de longs dérapages sur la glace vive, la rivière était heureusement bien gelée à nouveau. Très bien accueilli par la compagnie minière, je n'avais plus qu'à m'installer dans le petit avion pour rejoindre Longyearbyen, la veille de la fête nationale.


Passation de consignes

Les nombreuses visites d'ours, de jour comme de nuit (22 en 5 jours), permettent à Enora et Yann d'appliquer sur le champs tout ce que je peux leur expliquer sur la sécurité, les chiens, l'utilisation des pétards, du pistolet d'alarme et du fusil. Tout en passant les consignes à mes remplaçants, je m'apprête à rallier Svea, la zone habitée la plus proche, à 46 km, avec la motoneige qui a pu être réparée. J'aurais toutefois tout l'équipement nécessaire pour achever le périple à ski, en cas de nouvelle panne. La température se maintient en dessous de zéro, les conditions sont idéales pour se déplacer dans les environs.


Liaison réussie avec la civilisation

Mes remplaçants Enora et Yann sont maintenant à bord, jusque fin juin. Hervé et tout le matériel scientifique ont finalement pu être acheminés hier, par 6 motoneiges. Pendant le chargement des traîneaux avant le retour du convoi, un ourson et une femelle passaient devant le front du glacier. Peu avant, alors que nous terminions une virée avec les chiens, j'ai pu les apercevoir, depuis le sommet de la moraine, fureter autour du bateau... un coup de feu en l'air ne les a guère perturbé, mais ils sont partis assez rapidement, emportant à nouveau un bout de siège de motoneige. Un total de 6 ours pour la journée d'hier.


Dernière tentative motoneige

Après la bonne reconnaissance d'hier, Stefano va tenter une dernière fois de venir de Longyearbyen avec mes 2 remplaçants, et de récupérer Hervé et tout le matériel scientifique. De mon côté, je me prépare à faire le trajet à ski, après 2 ou 3 jours de passation de consignes, puisque l'une des suspensions de ma motoneige est cassée. L'engin passera l'été ici, en espérant qu'il résiste aux inévitables visites d'ours... En attendant, la météo est fantastique et les températures négatives depuis 3 jours ont durci la neige, conditions excellentes pour skier avec les chiens. Pendant qu'Hervé organisait au mieux le retour de chaque instrument, j'ai également pu faire une CTD depuis le bord de la banquise, en admirant un superbe vol de canards eider. La proximité de l'eau libre, comme nous nous y attendions, a entraîné quelques visites d'ours hier. Un petit jeune déterminé, puis un gros mâle plus prudent, et quelques heures plus tard, le jeune suivi de près par le gros mâle. 4 péta rds ont été suffisants pour délimiter notre petit territoire, mais le siège de ma motoneige a encore été endommagé !


Débâcle dans le Storfjord

Le vent d'ouest a eu raison de la banquise qui restait encore accrochée à la côte. 2 mois plus tôt que l'an passé, la débâcle a commencé devant notre petite baie abritée, dans le grand Storfjord. A quelques jours près, nous perdions un précieux instrument (IMB), et nous ne pouvions pas faire la série de relevés avec la bathysonde, à 5 km de la côte.


En attente

Les 3 skieurs sont repartis aujourd'hui à ski avec leurs chiens et pulkas. La météo annonce quelques degrés sous zéro, Stefano fera une reconnaissance en motoneige demain mardi 9, avant une dernière tentative pour rallier Vagabond mercredi 10. Sinon, Hervé devra appeler un hélico pour se faire récupérer, et déposer Enora et Yann par la même occasion. Curieuse sensation de se retrouver ainsi bloqué par grand beau temps.


Eté à Longyearbyen

Alors qu'une tempête de neige se déchaîne sur les environs de Vagabond, le guide Stefano vient de m'annoncer par téléphone qu'il a du abandonner sa deuxième tentative pour nous rejoindre. Neige trop molle, humide et insuffisante pour les motoneiges. Enora et Yann, les 2 équipiers attendus pour me remplacer, sont donc à nouveau à Longyearbyen; Hervé et tout le matériel scientifique sont coincés à bord de Vagabond, ainsi que les 3 skieurs que Stefano devaient également récupérer et que j'ai invités à patienter à l'abri. Personne ne sait combien de jour cela durera, Stefano a rendez-vous demain chez le Gouverneur pour envisager l'hélico, à moins que le froid se décide à revenir...