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Rangers

  • Campement de la patrouille des rangers au crepuscule

Ca y est. Le soleil s'est montré entièrement hier, bien au dessus de l'horizon, sans nuages. "Ca m'éblouit trop !" a déclaré Léonie, tandis qu'Aurore souriait, hypnotisée; elle qui répétait "c'est la lune" ces derniers jours, lorsqu'on lui montrait la lueur annonciatrice. Du haut de ses deux ans, au bout de quatre mois sans soleil, elle avait tout simplement oublié son existence.

C'est pendant notre premier bain de soleil (bref par -40°C) que les rangers de Grise Fiord sont apparus. Quelle ne fût pas notre surprise de voir arriver six motoneiges et six traîneaux lourdement chargés ! Et de reconnaître Liza, Lisa, Jason, Jarloo et Imooshie ! Un militaire de Yellowknife les accompagne pour les observer lors d'une patrouille de trois jours. La mission des rangers est de veiller sur le territoire canadien. Ainsi avait été repéré un sous-marin russe, il y a quelques années. Finalement, la patrouille décide de ne pas aller plus loin et de planter le camp pour deux nuits à côté de Vagabond. Nous sommes ravis d'avoir des voisins ! Aujourd'hui, c'est la journée traditionnelle, ce qui signifie qu'ils vont chasser dans les environs : phoque, ours, boeuf musqué, caribou...

Vendredi, j'ai perdu le lest de la bathysonde. Il faisait froid et il s'était coincé dans le trou, dans la glace. En tapant dessus avec le manche de la pelle, j'ai fini par le libérer, mais le câble a été sectionné, le lest est maintenant au fond du fjord (130m). Léonie me propose d'utiliser des cailloux pour le remplacer, mais le lest doit passer dans un trou de 5cm de diamètre !


Banquise dans toutes ses épaisseurs

  • CTD avec Aurore et Leonie

Le soleil se fait désirer. Lundi, il parvenait presque à se hisser au-dessus des montagnes qui rehaussent légèrement notre horizon sud. Les sommets voisins étaient roses, ensoleillés. Mais hier, le ciel était entièrement nuageux !

Des échanges passionnants sont en cours avec les chercheurs pour tenter de bien comprendre pourquoi la banquise est si mince par endroit. Au milieu du fjord du Cap Sud, la glace ne fait qu'à peine plus de 50cm d'épaisseur et sa croissance est faible, tandis qu'autour du bateau (près de la rive nord du fjord), la banquise atteint 1,10m d'épaisseur et sa croissance respecte assez bien les lois physiques. Il y a probablement des courants importants dans le fjord, qui apportent des eaux moins froides de l'océan, ou du glacier, ralentissant ainsi la croissance de la banquise.

Il est maintenant nécessaire d'avoir une vue plus large de l'état de la banquise dans la région, c'est pourquoi j'ai installé le glaciomètre (EM31) sur le traîneau dimanche dernier, lors d'un aller-retour à Grise Fiord (rdv dentiste, il s'agit de ne pas le louper, il ne passe que 2 ou 3 fois par an !). 110 km parcourus, plus de détails sur les résultats bientôt.

Ensuite, afin de vérifier la bonne calibration du capteur de température de la bathysonde, l'instrument a été plongé à deux reprises dans un grand bidon d'eau douce vigoureusement mélangée avec des morceaux de glace d'iceberg. Température mesurée : +0,06°C.

Un autre test a été fait en laissant la CTD sous la banquise pendant environ 15 minutes, non loin de Vagabond, où les conditions devraient être proches de la congélation : température = -1,64°C, salinité = 31,98psu. Enquête à suivre.

Il ne faisait pas trop froid hier (-20°C), en raison des nuages, alors pour la première fois, toute la famille a rejoint le milieu du fjord pour les routines scientifiques ! Il y a six mois, au même endroit, nous observions depuis le pont de Vagabond des narvals, des centaines de phoques du Groenland, et beaucoup d'oiseaux. Quel contraste avec le calme hivernal ! Assurément, les eaux du fjord du Cap Sud sont riches.


Quelques heures à Grise Fiord

  • Ours du 6 fevrier
  • Tete de gros ours polaire

"Welcome home!". L'accueil à Grise Fiord est vraiment très chaleureux. J'y ai fait hier un aller retour, pour récupérer divers colis : du matériel scientifique envoyé par Mary et Humfrey de l'Institut des Sciences de l'Océan (Colombie-Britannique, Canada), et une caméra étanche confiée par Rémy Marion pour tourner des images sous la banquise. Glissés dans les cartons, entre ces équipements, plein de cadeaux pour tout l'équipage ! Nos amis de Grise Fiord m'offrent aussi des oranges, des bonbons, des crayons pour les filles, et même un morceau de viande d'ours. Tom l'a chassé la semaine dernière, non loin de notre fjord. Un gros, "plus de 10 pieds de long !" m'avait-il écrit dès son retour. Tom me montre la tête, dont la dentition est redoutable, et la peau, superbe avec sa fourrure d'hiver (il devrait la vendre 9000$, selon les tarifs affichés à la mairie). Il m'explique comment préparer la viande pour qu'elle soit bien tendre. Il a déjà nourri ses proches et presque tous les chiens du village ! Amon aussi a tué un bel ours (8 pieds) samedi dernier, non loin de l'eau libre, près de l'île Smith, au sud-est de Grise Fiord. J'ai croisé des traces fraîches en venant ce matin, peu après avoir quitté Vagabond. C'est peut-être l'ours qui nous a rendu visite lundi midi ? Les chiens lui ont fait peur, mais nous avons eu le temps de bien le voir et de le filmer.

J'achète un phoque entier à Tom, pour nourrir nos chiens. Il faudrait déplacer notre filet mais nous n'avons pas vu de meilleur endroit dans les environs du bateau. Les phoques aiment venir respirer dans les fractures, où la glace est plus mince et plus facile à casser. Liza me fournit une peau de phoque pour France qui souhaite se fabriquer des gants, après en avoir fait pour tout le reste de la famille. Liza et moi apercevons soudain le soleil, très brièvement, comme un bref flash orange, waouh. Je l'attendais deux jours plus tard !

Nos amis me le répètent, nous aurons plus de visiteurs dans quelques semaines. Pour le moment, pour beaucoup d'habitants de Grise Fiord, en particulier les familles avec jeunes enfants, il fait trop froid pour parcourir les 50km qui nous séparent du village. Ce sont surtout les chasseurs qui arpentent la région...

En vidant mon traîneau hier soir, à mon retour à bord, alors que la pleine lune illuminait la banquise, je jouais au Père Noël. Sans barbe, et sans passer par la cheminée !


Un ours passe...

  • Time lapse 1er fevrier
  • Fraiches traces d ours

... de l'autre côté du fjord. Les traces sont fraîches, l'animal vient tout juste d'explorer le bout de ma piste. C'est là que je fais demi-tour, tous les trois jours, en mesurant l'épaisseur de la banquise à travers le fjord de 7km de large. Les glaces se sont fracturées, chevauchées, empilées le long de la berge, sous l'effet du marnage, comme sur la plage à côté de Vagabond, et les cachettes ne manquent pas ! Je suis d'autant plus vigilant que je suis seul avec la motoneige, sans les chiens. Six jours plus tôt, ils nous accompagnaient, Léonie et moi, pour les travaux scientifiques, et avaient attrapé tous les quatre ensemble, au même endroit, un renard polaire (lire le récit de Léonie) ! Les chiens sont sagement au camp depuis, ils vont y rester encore quelques jours pour nous assurer qu'ils n'ont pas la rage, ce qui est heureusement très peu probable. Un autre renard suit l'ours d'aujourd'hui, à distance respectueuse, comme en témoignent les petites traces que je croise également. Charognard en hiver, il est en quête de restes de phoque, l'essentiel de son alimentation avant l'arrivée des oiseaux et de leurs oeufs au printemps.

La motoneige me permet de faire des profils plus longs qu'à pieds, le glaciomètre (EM31) peut en théorie fonctionner jusqu'à une vitesse de 30km/h, selon l'état de la surface. Il faut en général ralentir à cause des congères de neige créées par le vent, même si la glace est très plane. La chaleur du moteur permet aussi de réchauffer la CTD (bathysonde), qui gèle instantanément en sortant de l'eau (il fait -35°C aujourd'hui), et de faire plusieurs relevés hydrographiques d'affilée. En contre partie, c'est moins satisfaisant de consommer de l'essence et c'est moins confortable de rester assis dans le froid, le bruit et l'odeur, que de marcher avec un chien qui tracte la pulka !

Suite au coup de vent du 23 janvier, les grosses congères de neige autour du bateau deviennent un superbe terrain de jeux pour Aurore et Léonie. Premiers essais du vélo des neiges (ktrak offert par Stéphane Rousson, et VTT prêté par nos amis de Grise Fiord) : il faut vraiment que la neige soit dure car la chenille arrière n'est pas large !

France, qui relève consciencieusement notre filet tous les soirs, a presque terminé la fabrication d'une magnifique paire de moufles en peau de phoque pour moi ! Merci Eva pour la peau.

Les couleurs du crépuscule à midi sont vraiment splendides, encore 8 ou 10 jours avant de revoir le soleil.


France raconte Grise Fiord

  • Grise Fiord plage fin janvier

Passer un peu de temps au village est un vrai privilège. Lorsque Liza nous dit "sentez vous chez vous", la formule se fait réelle avec une simplicité remarquable et étonnante, malgré notre différence de culture et parfois, de langue; Liza et Aksakjuk parlent plus l'inuktitut que l'anglais. Leur générosité et leur attention aux enfants est touchante. Sans les filles, je peux me joindre au groupe de femmes qui chaque samedi se retrouvent et apprennent, en ce moment, à traiter la laine de boeuf musqué. La peau est étalée dans une pièce et chacune, à l'aide d'une fourchette, peut extraire la douce laine qui se trouve sous les longs poils, plus proche du cuir. Ensuite il faut la trier, puis la carder à l'aide l'une machine et enfin, en faire du fil de laine en la faisant passer dans une autre jolie petite machine en bois électrique. Mais nous n'en sommes pas encore là. Tout comme les réunions coutures du lundi soir à l'église, chez l'une ou l'autre si l'église est trop froide, ces moments entre femmes renforcent la chaleur et la complicité si précieuse dans notre froide nuit polaire. Chacune apporte son ouvrage et si la prière se fait au début et à la fin de la soirée, l'humour n'en est pas moins de mise chez ces pétillantes petites dames de tous les âges !

Incontournable lieu de rendez vous, la Coop à ses heures d'ouvertures. On y va autant pour faire de menues courses que pour bavarder avec tout le village et savoir ce qu'il s'y passe !

Même aller relever son filet à phoque peut se révéler un rendez vous convivial, une ou deux familles se rejoignant sur la banquise, puis se suivant dans la nuit pour chercher des trous de respiration de phoques si l'on revient bredouille. Accompagner chaque jour nos amis fut édifiant. D'abord, les temps sont durs pour attraper des phoques dans les mailles. Ensuite, les ajustements ou accidents avec le filet ou les bouts qui traversent la glaces ne sont pas rares; nous avons pu ainsi apprendre comment se sortir de ces situations délicates entre eau et glace. Et se souvenir qu'il faut s'armer de patience...

Les enfants qui ne passent pas beaucoup de temps dehors dans la nuit et le froid se retrouvent chaque soir au gymnase pour jouer ensemble et se défouler. Les Rangers Juniors, eux, s'y concentraient dimanche après midi, s'entraînant au tir dès l'âge de 12 ans. Et bon nombre d'activités sportives ou non s'y déroulent certainement pour profiter de son espace chauffé et lumineux.

Ainsi va la vie dans la nuit, sans doute le jour renaissant verra t'il chacun respirer plus longuement au dehors et peut être regretter ce temps convivial dans l'intimité de la nuit. Il en est de même sur Vagabond... (par France Pinczon du Sel)


Seul à bord

  • Liza Peepeelee et France verifient un filet

France, Léonie et Aurore sont à Grise Fiord depuis vendredi. Invités par Liza et Aksakjuk, nous avons fait le trajet avec notre motoneige et le grand traîneau (qamutik). Quelle ne fût pas notre surprise de voir nos hôtes venir à notre rencontre en voiture ! Sur la banquise, à 20km du village, voilà les 3 filles qui embarquent dans le véhicule bien chauffé, et qui me devancent jusqu'à Grise Fiord. Ravitaillement, courrier et colis, vraies douches et lessives, centre médical, Internet et téléphone... mais surtout, le plaisir de voir nos voisins et nouveaux amis. Léonie passe l'après-midi à l'école, et le soir, toujours en voiture, Liza nous emmène tous à quelques kilomètres au large pour relever son grand filet : pas de phoque. Le lendemain matin, afin de ne pas laisser Vagabond et les chiens seuls trop longtemps, je parcours les 50km dans l'autre sens, seul, sans traîneau. Tout va bien à bord mais le vent se lève et, une fois n'est pas coutume, malgré un baromètre au plus haut (1025mb), le mauvais temps s'installe pour deux jours. Je parviens à relever le filet samedi soir (il faut deux heures à chaque fois, le temps de casser la glace autour des cordages qui tiennent le filet sous la banquise), avant de m'isoler à l'intérieur de Vagabond pour 36h. Ce matin, tout est calme et notre décor est transformé : de grosses congères se sont formées autour du bateau, spectaculaire.

Aujourd'hui, entre 12h23 et 13h19 (heure locale), le soleil sera à moins de 6° sous l'horizon : il fera donc officiellement jour pendant presqu'une heure (précisions ici) ! Avant de retourner au village pour récupérer le reste de l'équipage, il me faut relever le filet à nouveau, casser de la glace (iceberg pour eau douce), nourrir les chiens, faire tourner le générateur (batteries), remplir le réservoir du poêle, déneiger la motoneige (ensevelie), et surtout, faire les mesures scientifiques. La dernière fois, afin de faire des profils plus longs, j'avais choisi d'utiliser la motoneige. Mal m'en a pris, je suis tombé en panne à 4km du bateau ! J'ai pu la récupérer le lendemain, avec l'aide de Tom et Jerry qui passaient par là. Une aubaine.


Traîneau

  • Premiere sortie en traineau avec 3 chiens
  • Premiere sortie en traineau avec 4 chiens

Le crépuscule est légèrement plus lumineux chaque jour, à la mi journée. L'horizon recule, et l'envie de s'éloigner du bateau se manifeste lors des sorties quotidiennes. France a fabriqué suffisamment de harnais pour les chiens, et a même déjà réparé ceux "croqués" par Marly : nous étions impatients de les atteler tous au traîneau. Malgré le froid (-38°C), Aurore et Léonie étaient heureuses sur le petit qamutik lors de nos premières courtes sorties, avec 3 puis 4 chiens qui n'attendaient visiblement que ça ! C'est un réel plaisir de se déplacer ainsi sur la banquise, bien emmitouflés dans nos grosses parkas. Seuls les pas et les souffles des chiens viennent doucement troubler le silence. Un grand corbeau aussi, qui tournait autour du camp ce soir. La lumière qui revient et de plus longues sorties devraient permettre à nos rythmes de sommeil de redevenir "normaux". Peu à peu.


Bravo

  • Motoneige Bravo pour Vagabond
  • Pleine lune des 8-9 janvier 2012

Bravo. C'est le nom de la motoneige acquise hier à Grise Fiord. Rustique et rétro, elle a très peu de kilomètres et a une réputation de fiabilité, même par grand froid. Elle doit nous permettre de faire des séries de mesures scientifiques dans une zone étendue, et de nous rendre au village de temps en temps, ou en cas d'urgence.

Un petit réglage s'annonce toutefois, puisque j'ai du changer l'unique bougie deux fois pendant le trajet retour. Sensation désagréable que de se retrouver en panne, seul avec un nouvel engin, à 1h du matin, au clair d'une pleine lune fortement voilée par le vent et la neige... Heureusement, Robert m'avait remis une boite de bougies avec la machine, quelques heures auparavant, et la température remontait. En arrivant à Vagabond, j'avais même trop chaud ! Le vent était tombé et il faisait -23°C, contre -36°C le matin.

Liza et Aksakjuk m'ont proposé de conserver le grand traîneau, qui peut contenir famille et bagages. Quelle émotion ce fût de revenir avec, seuls, le 2 janvier, par grand froid et sans lune ! Il nous fallu ensuite plusieurs jours pour récupérer des festivités et des trajets assez éprouvants entre Vagabond et Grise Fiord, où beaucoup de personnes ont aussi été grippées la semaine dernière. Tout l'équipage est à nouveau sur pied pour les routines du bord, pour les travaux scientifiques, pour répondre aux voeux ou pour préparer les missions du printemps et de l'été !


Quelques jours à bord

  • Noel a bord de Vagabond

"Vous repartez déjà ?", nous demandent la plupart des personnes croisées dans Grise Fiord, mercredi après-midi. C'est qu'ici, les festivités ne s'arrêtent pas entre Noël et le Jour de l'An ! Mais il nous faut aussi veiller sur Vagabond et sur nos quatre chiens. Même si j'ai déjà pu faire un aller-retour, seul, lundi dernier (tout était gelé à bord), nous décidons de repartir tous les quatre pour quelques jours, afin de bien chauffer le bateau, recharger les batteries, nourrir les chiens... afin de se faire une petite fête en famille aussi, de ne pas interrompre les travaux scientifiques, et de se reposer un peu !

Finalement, Raymond arrive en motoneige le 24 décembre vers 9h, sans prévenir. Je réveille les filles et nous embarquons dans le grand traîneau. Il fait froid (-39°C), mais la banquise est peu accidentée et les cinquante kilomètres sont parcourus sans encombre, avec une faible lueur de mi-journée qui nous permet de distinguer les montagnes. Magnifique. A midi, nous sommes à Grise Fiord ! Nous avions quitté le village le 6 octobre et sommes un peu déboussolés par ce retour "en ville". Le temps d'une douche (quel luxe) et de donner un coup de main à l'infirmière pour découper une grosse dinde (les petits problèmes de santé peuvent attendre), nous retrouvons tous les habitants du village dans le gymnase. Des tables ont été dressées pour 110 personnes, le réveillon est organisé par la commune, beaucoup de bénévoles ont préparé les plats, décoré la salle, emballé des cadeaux... et chacun apporte ses couverts et un cadeau. Après le festin commencent les premiers jeux. Aurore et Léonie sont très heureuses de gambader avec d'autres enfants, sur un sol dur et en vêtements légers, France et moi sommes ravis de revoir et prendre des nouvelles de nos amis locaux. A 23h, presque tout le monde parvient à entrer dans la petite église, dont la porte était restée entrouverte. Alors chacun garde sa veste pour écouter Larry, accompagné pour les chants par Jimmie à l'orgue électronique. A minuit, retour au gymnase où l'arrivée du Père Noël engendre une liesse générale. C'est Ron Elliott, membre du gouvernement du Nunavut, qui porte la barbe blanche cette année, et distribue un à un tous les cadeaux. Ron est venu à Grise Fiord pour mieux se rendre compte des problèmes vécus actuellement par les habitants. Sans lien avec l'extérieur pendant des jours, le village manquait de vivres, le courrier n'arrivait pas, les voyageurs ne pouvaient plus repartir ou revenir... mais le 23 et le 24, trois avions ont pu se poser enfin et approvisionner le village pour Noël.

Le lendemain, nous sommes invités à partager un repas de Noël avec plusieurs familles, avant une nouvelle soirée de jeux au gymnase. Les soirées débutent vers 7h du soir, et peuvent durer jusqu'à l'aube (façon de parler). Le village dort le matin, et la boutique ouvre entre 3h et 5h de l'après-midi, lieu de rendez-vous incontournable. Nous en profitons pour acheter quelques fruits et légumes, et réceptionner beaucoup de colis ! Lorsque nous quittons l'agréable maison prêtée par Liza et Aksakjuk, avec leur motoneige, le traîneau est bien chargé (cadeaux offerts par nos amis de Grise Fiord, cadeaux gagnés aux jeux, viande de phoque, sacs de linge propre...). Je parviens à suivre ma trace de l'avant veille, étonné de pouvoir tracter un si grand traîneau avec une simple motoneige. Les virages ne sont tout de même pas faciles à négocier !

Demain, nous repartirons plus léger pour Grise Fiord, où nous sommes conviés pour fêter la nouvelle année.