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Du Groenland au Canada

  • Leonie heureuse de revenir au Nunavut

Ce matin, nous sommes au beau milieu de la glace. Nous avons presque terminé la traversée, et il nous reste 20 milles jusqu'à Grise Fiord. Pour cette navigation, j'avais préparé un gâteau au chocolat et 6 ménélés par personne pour nous remonter le moral. Comme on était déjà bien amariné, ça c'est mieux passé que d'habitude pour Aurore et moi, et je crois que c'est la première fois que je n'ai pas été malade du tout ! Comme nous sommes proches de Grise Fiord, à présent, nous avons essayé de les appeler par VHF; au premier coup, ils n'ont pas répondu, mais au deuxième, si ! Ça faisait plaisir de les entendre ! Et puis, un peu plus tard avec papa (maman et Aurore dormaient), nous avons vu un phoque sortir la tête de l'eau et replonger. Et puis il est ressorti, mais avec deux copains ! Trois, quatre, cinq, et bientôt neuf phoques, tous dans le même trou, sortaient et rentraient la tête de l'eau. Maintenant, nous sommes coincés et nous attendons que la glace dérive et nous laisse passer.


Qaanaaq

  • Coralline
  • Fin de plongee pour Eric et Louis ile Hakluyt

La mission coralline s'est achevée hier. Une bonne trentaine de plongées pour explorer la côte ouest du Groenland à la recherche de cette algue rouge qui nous raconte le passé de l'océan, parfois sur plusieurs siècles. L'objectif global du projet est de comprendre l'évolution de la banquise à long terme. Les monticules calcaires de coralline, prélevés en plongée, comportent des couches internes semblables aux anneaux des arbres, qui peuvent être analysées en labo pour connaître les périodes de présence de glace de mer. Des archives climatiques bien plus anciennes que les données satellites !

Jochen, Natasha et Louis ont pris l'avion à Qaanaaq, où nous avons retrouvé notre ami Hans et sa femme. Un dessin de Léonie est toujours affiché dans l'entrée de leur hôtel ! Une digue est en cours de construction, pour protéger un peu mieux la zone de mouillage des bateaux des chasseurs, mais l'abri n'est pas suffisant pour Vagabond et nous préférons jeter l'ancre à une vingtaine de kilomètres à l'ouest, près de l'ancien village de Qeqertarssuaq. Nous y restons quelques jours en famille, avant de partir pour le Nunavut.


Coup de vent du 14 juillet

  • Leonie heureuse de retrouver la banquise
  • Equipe coralline baie de Melville

Vagabond lève l'ancre enfin, le vent est tombé et il est temps de reprendre notre quête de coralline. La mission s'achèvera dans 5 jours et notre collecte est assez maigre depuis Upernavik. C'est là que Jochen Halfar, responsable du programme scientifique, a embarqué pour 17 jours.

Entre la baie de Disko et Upernavik, il n'y a pas eu de plongée, nous avions exploré cette zone en 2016. Depuis Upernavik, avec Jochen, la recherche est à nouveau intense, les plongées souvent magnifiques, mais relativement peu d'algues rouges à échantillonner... Par contre, les assiettes sont régulièrement garnies de coquilles Saint-Jacques, de moules, ou d'oursins !

La traversée de la baie de Melville est totalement magique. C'est tout juste la débâcle, nous sommes momentanément coincés par la banquise (beaucoup moins qu'en 2011), les icebergs sont innombrables, le soleil brille nuit et jour sur une mer d'huile. Baleines et ours sont au rendez-vous. Quelques escapades à terre nous permettent d'apprécier l'immensité de cette région sauvage du Groenland.

A Savissivik, village isolé au nord-ouest de la baie de Melville, au pied d'une grande colonie de mergules nains, nous retrouvons Ole et sa famille, ils nous avaient chaleureusement accueillis et donnés des chiens en 2012. Avec 5 enfants, ils représentent 15% de la population locale. Ole chasse toujours le narval avec son kayak et un flotteur en peau de phoque, même si le bateau à moteur est autorisé depuis 2006. Il nous offre un bon morceau de peau (maqtaq), qui peut se manger cru ou cuit. Nous lui donnons la seule coquille Saint-Jacques que j'ai trouvé lors de la plongée du matin, devant son village. Un met local mais totalement inhabituel pour lui ! Il s'intéresse à notre recherche de coralline, Jochen et Natasha lui en donne un morceau. Nous profitons de la douche communautaire de Savissivik puis poursuivons notre route vers le Cap York.

Le vent nous pousse vers le nord-ouest, un peu trop vite (pointe à 9 noeuds !) puisque les conditions deviennent trop difficiles pour explorer les fonds marins. Le mouillage dans la baie Parker Snow ne tient pas, Vagabond continue sa route à vive allure. Impossible alors de faire escale à la base américaine de Thulé car le vent nous entraîne toujours vers le nord-ouest. Vers 6h du matin je fini par jeter l'ancre dans à peine 2m d'eau, au pied du rocher Fitz Clarence (200m), dans la baie Booth. Mais en début d'après-midi, 50 noeuds de vent ont raison de notre mouillage : bientôt, dans très peu d'eau, moteurs à fonds pour éviter d'être projeté sur les rochers, Vagabond s'efforce de gagner un meilleur abri dans la grande baie Booth. Ici pas de carte marine, les yeux restent rivés sur le sondeur et le radar. Soulagement après une lutte un peu longue, le mouillage tient. Il tiendra même jusqu'à la fin du coup de vent (4 jours au total).

Pendant que nous sommes tous consignés à bord par la météo, Aurore et Léonie assurent l'ambiance en décorant le bateau et en cuisinant pour fêter le 14 juillet !

Déjà plus de 3000 milles nautiques parcourus depuis Miquelon.